Gerry McCann, le père de la petite Maddie, s'est rendu vendredi à Lisbonne pour assister au procès en diffamation que la famille McCann a intenté à l'ancien responsable de l'enquête et auteur d'un livre les mettant en cause dans la disparition de leur fille.
Le procès a été marquée par un nouveau coup de théâtre. Quelques minutes à peine après l'ouverture de cette nouvelle audience la juge a appelé Trish Cameron, la soeur de Gerry McCann, pour lui expliquer qu'elle ne pourrait pas témoigner car la séance avait été reportée au 2 octobre à la demande de l'avocat de l'ancien enquêteur, Gonçalo Amaral, qui a "invoqué des raisons familiales".
Arrivé quelques minutes plutôt de Grande-Bretagne, Gerry McCann, vêtu dans un costume sombre, a fermé les yeux lorsque son avocate, Isabel Duarte, l'a informé de la décision du tribunal.
"Bien sûr que je suis déçu", a déclaré aux journalistes Gerry McCann à sa sortie du tribunal.
Le procès, qui a débuté le 12 septembre dernier en présence de Kate McCann, avait également été suspendu le lendemain en raison d'un problème avec le juge, selon les avocats. La mère de Kate McCann, Susan Halley, qui devait être entendue par le tribunal, était repartie sans avoir pu témoigner.
"Je viens de l'apprendre ce matin. Je regrette juste ne pas avoir été informée plus tôt", a expliqué l'avocate des McCann sur un ton agacée, précisant que l'avocat de M. Amaral, Vitor Santos Oliveira, avait prévenu la veille le tribunal qu'il devait s'absenter car l'un de ses enfants devait être hospitalisé pour une intervention chirurgicale.
L'avocate des McCann a indiqué en outre qu'elle avait déposé une demande pour faire témoigner son client Gerry McCann au cours de ce procès. Le tribunal doit se prononcer sur cette possibilité la semaine prochaine.
"Je reviendrai si le juge décide de m'entendre", a dit M. McCann, sac noir à l'épaule, avant de s'engouffrer dans une voiture avec ses avocats.
La famille McCann poursuit Gonçalo Amaral en justice pour le livre "Maddie, l'enquête interdite", publié en juillet 2008, dans lequel il défend la thèse de la mort accidentelle de la fillette, mettant en cause ses parents.
Les McCann, convaincus que leur fille a été enlevée, lui réclament 1,25 million d'euros en réparation du préjudice subi en raison des accusations contenues dans ce livre, qui a également donné lieu à un documentaire diffusé par la télévision portugaise.
M. Amaral avait été chargé de l'enquête sur la disparition de la petite Maddie le 3 mai 2007 alors qu'elle dormait dans une chambre d'un complexe touristique de Praia da Luz, une petite station balnéaire du sud du Portugal.
En septembre 2007, le couple avait été mis en examen, soupçonné d'avoir dissimulé le cadavre de leur fille après un décès accidentel. Depuis, les McCann ont été blanchis et l'enquête a été classée par la police portugaise l'année suivante.
Au cours des premières audiences de ce procès, plusieurs proches des McCann se sont succédé à la barre pour témoigner des conséquences sur la vie de la famille de la publication du livre. Lors des prochaines audiences le tribunal doit entendre les témoins de M. Amaral.
Le tribunal a fixé vendredi les plaidoiries finales au 27 novembre.
Lévi Fernandes à Lisbonne le 27/09/2013










